Pour clore le chapitre G8, et ouvrir vers l'avenir, j'aimerai vous recommander ici un excellent article de Pierre JC Allard sur Agoravox.
L'auteur a parfaitement intégré les notions de complexité et d'interdépendance ; sa critique des mouvements de contestation actuels a l'immense mérite de se placer dans une vision dynamique et d'éviter ainsi le stérile et sempiternel "c'est bien/c'est pas bien".
Il note ainsi que "seul un mouvement fluide, et dont les motivations et les tactiques sont internalisés, peut désormais offrir une parade efficace au pouvoir" et voit dans les blacks blocs "une transition vers la complète individualisation de la constestation".
Cet article (et le petit échange qui a suivi avec l'auteur) renforce ma conviction selon laquelle seule la création de réseaux interconnectés, sans hiérarchie (et en aucun cas, de "groupes", encore moins de "partis") pourra venir à bout d'une organisation de la société devenue obsolète et dangereuse.
Des réseaux de ce type se développent en ce moment même à travers toute la planète. J'invite les hommes et les femmes libres à les rejoindre sans tarder ou à en créer de nouveaux.
"celui qui voit un problème et qui ne fait rien fait partie du problème". Gandhi.
(petite anecdote pour finir : comme on le prévoyait dans les commentaires de ce blog, le gouvernement italien a annoncé jeudi que le G8 2009 se tiendrait dans l'archipel de Maddalena au Nord de la Sardaigne. Ils auraient difficilement pu trouver plus inaccessible, mais on sera là. Vous avez deux ans pour passer vos brevets de plongée, louer des hors bords et peaufiner votre camouflage "caillou pelé". Blocus portuaire et batailles navales en perspective.
Avis aux a(r)mateurs.)
oui d'ailleurs en voila un de réseau intéressant qui regroupe des désobéissants de tout poil : des clowns, l'eglise de la très sainte conso, des antipubs (déboulonneurs), des anti 4x4 (dégonflés), des anti-ogm (faucheurs volontaires), des écolos (greenpeace), des alters, des anars, des anti-nucléaires, des antimilitaristes, pacifistes, tout ça quoi, les potes, c'est là : http://www.desobeir.net
Rédigé par: seb | 18/06/2007 à 15:11
""Cet article (et le petit échange qui a suivi avec l'auteur) renforce ma conviction selon laquelle seule la création de réseaux interconnectés, sans hiérarchie (et en aucun cas, de "groupes", encore moins de "partis") pourra venir à bout d'une organisation de la société devenue obsolète et dangereuse [..]
C'est vrai à une condition, c'est que vous acceptiez TOUT le monde sans distinction de niveau intellectuel, sinon vous ne ferez qu'une organisation de plus d'intellectuels hors du temps
salut
Rédigé par: geo | 18/06/2007 à 17:26
Un petit echo avec le passé:
Chers camarades,
Je réponds avec empressement à votre enquête.
1° Le mouvement ouvrier qui s’est brisé contre l’écueil de la guerre était marxiste. La vague mondiale de révolte d’après-guerre s’est amortie et perdue dans le marxisme. Les organisations que le national-socialisme allemand a pu digérer sans combat étaient marxistes. J’estime que ces trois constatations suffisent à justifier une révision fondamentale « des conceptions théoriques et pratiques communément adoptées sous le nom de doctrine marxiste ».
2° Les trois éléments constitutifs de la doctrine « marxiste » sont, de l’aveu même de Kautsky (préface au Capital) : le rationalisme abstrait (Hegel), la théorie de l’exploitation mercantile (Ricardo) et la glorification de l’industrie moderne (Saint-Simon). Il est nécessaire d’ajouter que l’attitude personnelle de Marx à l’égard de ces trois éléments fondamentaux de l’idéologie bourgeoise était nettement parodique, satirique et destructrice. Mais l’impiété de Marx vis-à-vis du Jehovah moderne était encore une religion à l’envers. Il appartient à notre génération de faire table rase du Dieu capital et, par conséquent, aussi du Marxisme.
C’est la seule manière de continuer l’oeuvre de Marx et de faire honneur à l’audacieux nihilisme affirmé dans ses oeuvres de jeunesse.
3° Les bases d’un nouvel art de la révolution existent à l’état latent, mais sont encore inutilisées. Ce sont : 1) une « psychologie concrète » de l’individu et du subconscient mettant en évidence l’acte révolutionnaire fondamental : rupture des chaînes intérieures, réconciliation avec soi-même, acceptation de la lutte avec les puissances ; 2) une « économie distributive » ou, si l’on préfère, une esthétique de la production et de la répartition basées sur le plaisir de créer et de donner gratuitement ;
3) un nouvel humanisme basé sur la réconciliation des hommes entre eux et avec la nature, par la subordination définitive de la machine.
Je n’entre pas dans le détail, mais les trois grandes aspirations ou conquêtes de notre époque sont là, et leur synthèse sera le socialisme de demain.
ANDRÉ PRUDHOMMEAUX
Essais et combats, n° 7, décembre 1937
Rédigé par: Henri Alberti | 19/06/2007 à 16:43
waou Henri... elle pète trop la classe cette citation. Quand je pense aux chapelets d'aneries qu'on a avalé depuis.... ça laisse réveur
Rédigé par: Iza | 26/06/2007 à 17:35
Bien d'accord avec toi Iza ; et salut au passage. (mais tout de même, quel langage !)
;-)
Rédigé par: casabaldi | 26/06/2007 à 17:47
j'ai repris l'article d'allard sur mon blog car il formule un problème d'actualité pour nous tous.
L'individualisation des luttes est une vieille idée qui est restée souvent marginalisé tant que les orgas de masse régnaient en en grangeant quelques miettes de la production de surplus.
Tel n'est plus le cas, tout le monde l'a compris en quittant ces orga ou en n'y entrant pas. A tel point que les syndicats comme les partis "de gauche" sont souvent financés par des cotisations patronales ou bien par des moyens illicites (les affaires...).
Je suis heureux dans ces conditions de voir resurgir la fomulation d'allard sur agoravox.
Toutefois, les mouvements sociaux de ces dernières années (greves, manifs, blocages...) se sont deroulés dans des atmosphères, sinon completement épurées des manip bureaucratiques et médiatiques, du moins dans des coordinations voire des petits groupes autonomes, qui réalisent là une sorte d'entre deux .
Ayant vécu ces univers particuliers, je dois leur reconnaitre au moins un effet grandement positif , en dépit des defaites sur le fond tres souvent : la formation politique éclair.
S"agissant de l'approche individuelle, les freemen ( et d'autres plus nombreux) ont probablement majoritairement cette approche.
Neanmoins, cela reclame deux conditions :
que le process de maturation psychologique (individuation au sens de jung) soit accompli ; que la convergence s'opère, sinon dans l'orga, du moins dans les actes concrets de resistance.
choses difficiles mais pas imposibles toutes deux.
Enfin je voudrais saluer le texte anti-marxiste de prudheau mo cité par henri alberti tout en ajoutant qu'albert camus, dans l'homme révolté, au moment d'aborder Marx, fait la même analyse : le communisme qui a sévit au XX siècle est le fruit de la part bourgeoise (inconsciente peut-etre mais réelle) de Marx.
L'interet de l'approche de Camus est de dévoiler les dessous philosophiques profonds de l'affaire en opposant l'approche grecque, hellenistique, de la nature et l'approche hebraïque : la nature comme cosmos, monde à aimer sous peine de chaos et la nature comme ressource, du fait de la part divine de l'humain.
Rédigé par: GAIA | 29/06/2007 à 12:08
A Gaia:
Je n'ai pas cité Prudhommeaux en pensant particulièrement à l'"anti" marxisme, mais plutôt du "pour" quelque chose exprimé à partir de 3° qui fait echo à ce que raconte Mr Allard.
Rédigé par: Henri Alberti | 29/06/2007 à 18:16
@ alberti
certes, mais il y a un lien évident entre la méthode plus individualiste proposée par prudomo ou allard par exemple et une certaine leçon tirée de l'épisode historique appellé marxiste.
rien de neuf depuis la scission de la première internationale (anarchisme/ marxisme) mais une approche du problème elle-même moins groupiste que le courant anar qui entretient la flamma dns le temple des penseurs du XIX °.
L'indice que quelque chose se passe dans les profondeurs insondables de ce truc que les sociologues appellent classes depuis Marx, comme si c'était réellement des blocs de clones.
Beaucoup d'appels sont lancés (l'effet internet entre autres), non pour rejoindre tel ou tel groupe, mais pour faire (ou ne plus faire) telle ou telle chose : une sorte d'anti-pub.
Avec l'accent porté sur la liberté ET la responsabilité de l'individu.
Rédigé par: gaia | 06/07/2007 à 09:36
L’injustice est un métier.
http://echo-europe.monblogue.branchez-vous.com/
Rédigé par: xray | 14/02/2008 à 13:30